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Une allégation « sans » ne dit rien de ce qu’il y a dedans

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3 min de lecture 5,0 (67 avis)

« Sans sucres ajoutés », « sans huile de palme », « sans conservateur » : ces mentions renseignent sur un ingrédient absent, jamais sur l’ensemble du produit. Un emballage peut afficher légitimement l’une de ces allégations tout en ayant remplacé l’ingrédient visé par un substitut qui n’apporte pas nécessairement un meilleur profil nutritionnel.

Une mention réglementée, mais ciblée

La DGCCRF encadre l’usage de ces allégations, qui doivent correspondre à une réalité vérifiable sur l’ingrédient précis mentionné. Un produit « sans sucres ajoutés » ne contient effectivement aucun sucre rajouté au cours de la fabrication, mais il peut malgré tout afficher une teneur en sucres élevée si les ingrédients de base, comme certains fruits concentrés, en apportent naturellement une quantité importante.

De la même façon, un produit « sans huile de palme » peut avoir remplacé cette matière grasse par une autre huile dont le profil nutritionnel n’est pas nécessairement plus favorable, l’allégation portant sur l’origine de l’ingrédient et non sur la qualité globale de la recette qui en résulte.

Le même mécanisme se retrouve ailleurs sur l’emballage

D’autres mentions fonctionnent sur le même principe : « sans gluten », « sans lactose » ou « sans colorant » répondent à une réalité précise sur un ingrédient donné, utile pour une personne qui doit ou souhaite l’éviter, mais elles ne renseignent en rien sur l’équilibre nutritionnel global du produit qui les porte. Un biscuit « sans gluten » reste un biscuit, avec une teneur en sucres et en matières grasses qui suit sa propre recette, indépendamment de la mention affichée en gros sur l’emballage.

Ce mécanisme explique pourquoi deux produits d’une même famille, l’un affichant une allégation « sans » et l’autre non, peuvent afficher un profil nutritionnel très proche une fois les deux étiquettes comparées ligne par ligne. L’allégation attire l’œil sur un seul critère choisi par le fabricant, presque toujours celui qui met le produit sous son meilleur jour, sans obligation de mentionner les autres critères qui, eux, ne changent pas.

Le remplacement pose parfois plus de questions que l’original

Retirer un ingrédient d’une recette industrielle oblige presque toujours à en ajouter un autre pour conserver la texture, le goût ou la conservation attendus par le consommateur. Un produit « sans sucres ajoutés » compense souvent l’absence de sucre par des édulcorants ou par une concentration plus forte de fruits, tandis qu’un produit « sans matière grasse » compense la texture perdue par un ajout d’amidon ou de fibres. Le retrait affiché sur la face avant cache ainsi un ajout qui, lui, ne figure jamais en gros caractères sur l’emballage.

Ce qu’il faut lire à la place du logo

La liste des ingrédients, classée par ordre décroissant de quantité, reste la seule information qui permette de vérifier ce qui a pris la place de l’élément retiré. Chercher ce qui figure en tête de cette liste, plutôt que de s’arrêter à l’allégation affichée en gros sur la face avant de l’emballage, donne une image plus complète du produit réellement acheté. Sur les autres repères qui aident à lire un emballage sans se laisser guider par le seul argument commercial, la rubrique alimentation détaille ce que le Nutri-Score mesure et ce qu’il laisse de côté.


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