« À consommer jusqu’au » et « à consommer de préférence avant le » se ressemblent sur l’emballage, mais ils ne protègent pas de la même chose. Confondre les deux mentions revient soit à jeter un produit encore parfaitement bon, soit à garder un produit qu’il ne fallait pas garder.
La DLC : une frontière de sécurité
La date limite de consommation (DLC) s’applique aux produits fragiles sur le plan microbiologique : viande fraîche, poisson, produits laitiers non stabilisés, plats préparés réfrigérés. Passé cette date, le produit peut présenter un risque même s’il n’a pas d’odeur ni d’aspect suspect, parce que le danger vient de micro-organismes invisibles à l’œil. La DGCCRF rappelle que cette mention est encadrée précisément parce qu’elle touche à la sécurité alimentaire, et non à une simple préférence de fraîcheur : elle ne se négocie pas selon l’apparence du produit.
Le respect de la chaîne du froid entre le magasin et le réfrigérateur conditionne directement la fiabilité de cette date : un produit resté trop longtemps hors du froid peut devenir impropre avant même l’échéance affichée. C’est pour cette raison que la DLC s’accompagne toujours d’une température de conservation précise sur l’étiquette, qui fait autant partie de la garantie que la date elle-même.
La DDM : une question de qualité, pas de danger
La date de durabilité minimale (DDM), qui a remplacé l’ancienne date limite d’utilisation optimale, concerne des produits plus stables : conserves, pâtes, riz, biscuits, produits secs ou très sucrés. Passé cette date, le produit ne devient pas dangereux : il peut simplement perdre en texture, en arôme ou en couleur. Une boîte de conserve qui a dépassé sa DDM de plusieurs mois reste généralement consommable, à condition que l’emballage soit intact et qu’aucun signe d’altération ne soit visible ou perceptible à l’ouverture.
Cette distinction explique pourquoi la loi autorise désormais la vente de produits ayant dépassé leur DDM, alors qu’elle interdit strictement la vente après la DLC. Le législateur a acté ce que le bon sens suggérait déjà : jeter un paquet de riz parce qu’il a dépassé sa date indicative de quelques semaines n’a pas la même justification que retirer de la vente une barquette de viande fraîche périmée.
Le rôle de l’emballage une fois ouvert
Ces deux dates concernent un produit encore fermé, dans les conditions de conservation prévues par le fabricant. Une fois l’emballage ouvert, ni la DLC ni la DDM ne restent pleinement valables : un pot de yaourt ouvert, une boîte de conserve entamée ou un paquet de biscuits refermé sans précaution évoluent plus vite que ce que la date imprimée laissait supposer, parce que l’air et l’humidité ambiante accélèrent des phénomènes que l’emballage fermé retardait. C’est pourquoi certains produits portent une indication complémentaire, du type « à consommer dans les jours suivant l’ouverture », qui prime alors sur la date initiale.
Reconnaître les produits concernés
En pratique, le réflexe le plus utile consiste à repérer la formulation exacte sur l’emballage plutôt que la seule date. « À consommer jusqu’au » signale toujours une DLC et donc une limite ferme. « À consommer de préférence avant le » signale une DDM et laisse place au jugement : l’œil, le nez et la texture deviennent les vrais indicateurs, bien après la date elle-même. Pour les produits secs conservés à la maison, la rubrique maison saine détaille par ailleurs comment un taux d’humidité mal maîtrisé dans un placard accélère l’altération de ces mêmes produits, DDM ou non.







